dimanche 3 juin 2007
Racisme contre les roux
Après le happy slapping, les Anglais inventent le racisme anti-roux.



Une famille est chassée de son domicile par une bande de voyous, à cause de leurs cheveux roux.

Kevin et Barbara Chapman disent avoir déménagé déjà deux fois avec leur quatre enfants pour éviter les ennuis, mais qu'à chaque nouvelle adresse les attaques ont repris.

Leurs vitres ont été brisées, les murs couverts de tags et leurs enfants agressés physiquement dans la rue par d'autres jeunes.

Au cours du dernier incident, les Chapman sont un jour rentrés chez eux à Newcastle-upon-Tyne en découvrant les mots « ginger is gay » (les roux sont pédés) peints sur la facade de leur maison.

Alors même que la famille, dont tous les membres ont les cheveux roux, discutait d'un relogement, les vitres ont été brisées.

Ils attendent depuis que la municipalité les reloge une nouvelle fois.

« Ça a commencé il y a plus de trois ans, quand les enfants ont commencé à être ridiculisés par des gars à cause de leurs cheveux » raconte M. Chapman, 49 ans.

« Ils ont reçu des coups de pieds et poings et bousculés contre une haie. A chaque fois qu'ils sortent, ces gangs s'en prennent à eux. »

« On ne peut même plus aller aux magasins qui sont à deux minutes d'ici. Les enfants se font voler tout ce qu'ils ont sur eux. »

« Ayant les cheveux roux, on s'attend à ce que les gens se moquent un peu, mais là ça devient incroyable. »

M. Chapman a porté plainte pour ces incidents mais la situation est devenue si mauvaise que l'un de ses fils, Kevin, 11 ans, fait école à la maison.

M. Chapman affirme que le jeune garçon a même tenté de se suicider. « Kevin n'a encore rien connu de la vie et a été poussé à faire ça » dit le père au chômage.

Racket :
« Certaines intimidations concernent les vêtements de marque. Je leur achète ce que je peux, mais franchement les enfants se fichent de savoir si ce sont des marques ou pas. »

Les Chapman, qui ont aussi une fille de 10 ans, Ryelle, et deux fils, Daniel, 10 ans, et Jordon, 13 ans, ont d'abord quitté Walker pour Newbiggin Hall pour échapper aux ennuis.

Ils ont été contraints de partir pour Kenton Bar un an plus tard. En quelques semaines, les attaques reprenaient de plus belle.

« Il semble que dix ou douze familles ont des relations entre elles dans les différents endroits où nous avons été » dit M. Chapman. « Ils se donnent le mot et les choses recommencent. »

Les enfants ont changé trois fois d'école ces deux dernières années. « A chaque fois qu'on se fait de nouveaux amis, on finit par se faire agresser à chaque fois qu'on quitte la maison. » dit Ryelle.

Mme Chapman, 44 ans, ajoute : « Où qu'ils aillent, ils se font appeler "ginger nut, ginger bastard, ginger cunt", c'est dégoûtant. »

Un porte-parole du conseil municipal assure : « Nous ferons tout ce que nous pourrons pour aider cette famille. »