samedi 3 février 2007
De l'excision et de la traite des blanches en Arabie Saoudite

Discussion avec une femme-médecin :


Docteur Muzaffar : J'exerce des activités médicales à Jizan, en Arabie Saoudite, où je pratique l'excision des femmes. Je suis Egyptienne et passe toujours beaucoup de temps dans mon pays, mais davantage dans ma clinique au royaume saoudien. Mon mari voyage avec moi. L'excision des femmes est très répandue en Egypte et se propage maintenant dans le royaume à partir de la région de Tihama (sud-ouest de la péninsule arabique). Les habitants de la région l'ont pratiquée depuis des années et la police religieuse saoudienne encourage son essor dans tout le pays.

RZ : Pourquoi vous être installée là-bas si l'excision y est déjà bien implantée ?

Docteur Muzaffar : J'ai été recrutée dans mon pays d'origine, en Egypte, par la police religieuse, car l'excision des jeunes ne peut être pratiquée que par des femmes et peu de femmes médecins au Royaume saoudien avaient l'expérience nécéssaire.

RZ : La police religieuse ?

Docteur Muzaffar : Oui, il s'agit de la nouvelle police religieuse. Quand la prostitution ou l'adultère étaient autrefois punis par lapidation, aujourd'hui on pratique simplement l'excision ou l'infibulation des fautives. On les amène à ma clinique et y restent un jour ou deux. Je forme également des infirmières pour la police religieuse, afin de pratiquer l'excision. Après leur période de formation, elles sont envoyées dans les hôpitaux pour femmes du royaume.
La clitoridectomie n'est pas une chose difficile à apprendre pour une infirmière.
La police religieuse pense que l'excision des femmes a de nombreux avantages. Elle « calme » les femmes, rend impossible le lesbianisme, décourage l'adultère et la prostitution. Elle amène les femmes à se concentrer sur leur rôle d'épouse et de mère.

RZ : Je pensais l'excision limitée en Arabie Saoudite.

Docteur Muzaffar : C'était le cas pour la majeure partie du territoire, mais cette pratique a toujours été présente le long de la Mer Rouge et de la frontière avec le Yémen. Ces dernières années, elle s'est répandue dans tout le royaume. L'Occident ne peut pas le savoir comme les problèmes féminins et les femmes elles-mêmes sont tenus à l'abris des regards. Les étrangères qui sont amenées dans les harems sont tenues à l'écart. Avec les mesures de sécurité modernes, il y a peu de chances pour qu'une fois rentrées quiconque entende reparler d'elles. Même si elles parvenaient à s'échapper du harem, il serait tout sauf possible de quitter l'Arabie Saoudite. La police religieuse les rameneraient à leur maître. Maintenant je dirais qu'au moins 25 % de toutes les femmes en Arabie Saoudite sont excisées. La pratique est de plus en plus populaire et avec un nombre croissant de femmes entraînées d'ici une génération toutes les femmes qui ont accouché d'une fille leur feront enlever l'extrémité du clitoris.

RZ : A quoi ressemble votre clinique ?

Docteur Muzaffar : Un équipement dernier cri et un personnel 100 % féminin puisqu'il s'agit de l'affaire des femmes. Mon mari s'occupe des tâches administratives et des clients hommes mais il n'est pas autorisé au sein du secteur médicalisé. Le bâtiment n'a aucune fenêtre mais il y a l'air conditionné, ce qui est très apprècié avec le climat chaud et humide de Jizan. Par mesure de sécurité il n'y a qu'une entrée, une porte de garage électrique. Lorsqu'une patiente arrive, la voiture ou le van entre dans le garage après avoir entré un code de sécurité dans un boîtier électronique. La porte intérieure du garage n'ouvre pas tant que celle qui donne sur l'extérieur n'est pas refermée. La plupart de mes douze employées vivent sur place, tout comme les infirmières. Il y a des cuisines au sein du bâtiment ainsi que 36 chambres pour les patientes et trois salles d'opération. Tout ce dont nous avons besoin sous un seul toit.

RZ : A quoi ressemblent les chambres des patientes ?

Docteur Muzaffar : Elles sont très spartiates : un petit coin douche et toilettes, un lit, pas de fenêtre, pas de poignée de porte côté intérieur - rappellez-vous que certaines de nos patientes sont sous surveillance de la police religieuse; ils seraient très en colère si nous perdions leur captive. Chaque chambre est sous surveillance vidéo centralisée vers un poste de contrôle vidéo.

RZ : A quoi ressemblent les salles d'opération ?

Docteur Muzaffar : Les sols, plafonds et murs sont blancs. Tout est immaculé, très brillant et bien éclairé. Il y a plusieurs sortes d'équipements médicaux et de matériel. Et bien sûr, la table d'opération.

RZ : A quoi ressemblent les tables d'opération ?

Docteur Muzaffar : Encore une fois, elles sont dernier cri. Il est très important que la patiente ne bouge pas durant l'opération et ma table est prévue pour cela. La structure est en acier inoxydable et le revêtement est en cuir noir. Inutilisée, elle ressemble plus à une chaise-longue. La patiente est amenée en blouse blanche dans la salle d'opération puis est assise. Une fois assise mon assistance attache la patiente à la chaise avec des lanières au dessus et au dessous des genoux et également aux pieds. De larges bandes de cuir au dessus du ventre et sous la poitrine. Une autre ceinture au niveau du bas ventre. Les poignets sont placés dans des menottes en cuir contre la chaise au même niveau que les épaules. Ensuite la chaise est basculée et les jambes sont écartées comme pour la chaise gynécologique classique. Il y a des articulations en métal sous les genoux. La patiente se retrouve la tête en bas et les jambes écartées. L'activation de la chaise ressere tous les liens efficacement. Elle se trouve alors totalement immobilisée. Une fois la chose sécurisée, nous rasons les poils pubiens, la zone est nettoyée au savon, puis nous traitons la zone entière avec un antiseptique. A ce stade, elle est prête à être excisée. Si cela est permis par les autorités, je prend une seringue et anesthésié les nerfs autour reliés au clitoris. Je commence à envoyer des injections de manière radiale. Enfin je donne une injection sous le clitoris dans le nerf principal. La plupart du temps, elles seront tendues et gémiront un peu à ce moment car le nerf est maintenant anesthésié.

RZ : Et pourquoi pas un baillon ?

Docteur Muzaffar : Non, je n'en vois pas l'utilité, puisque nous ne nous préoccupons pas de ce que la patiente peut dire. Si elle est opérée sur ordre de la police religieuse, alors une de mes infirmières place une compresse en caoutchouc dans la bouche de la patiente et la maintenir en place. Une lanière est également placée et serrée autour du front. Cela lui donne quelquechose à mordre pendant qu'elle est opérée. La police religieuse ne nous a pas autorisés à utiliser d'analgésiques. Pour les autres patientes, je pratique des injections locales et elles ne ressentent rien. La plupart vont sur la table sans difficultés, mais pour certaines, nous devons les amener de force, se débattant et hurlant.

Quelques jeunes mariées sont amenées ici et nous retirons simplement l'extrémité du clitoris. C'est plutôt anodin mais très efficace pour contrôler le comportement des femmes. J'ai aussi une demande grandissante de la part de la classe dirigeante. Au royaume, les hommes peuvent avoir jusqu'à quatre femmes et beaucoup de concubines. Certains princes ont beaucoup plus de quatre femmes. Nous avons beaucoup de clients fortunés qui ont des palaces où leurs femmes sont gardées à l'abris des convoitises. Il est devenu à la mode pour un homme riche de faire exciser ses femmes. Cela ravit également les leaders religieux de savoir que beaucoup de ces femmes sont excisées et leur sexualité contrôlée. Beaucoup de clercs musulmans pensent que le rôle de la femme est d'amener du plaisir à son mari et de porter ses enfants, sans recevoir de plaisir elle-même, surtout s'il s'agit d'infidèles.

RZ : Des infidèles ?

Docteur Muzaffar : Oui, d'endroits très variés, comme les Balkans, la Russie, la Grèce, la France, l'Irlande et la plupart de l'Europe, quelques unes d'Amérique et d'autres pays. La Scandinavie est très populaire. Jeunes, jolies et stupides... Beaucoup d'étudiantes. Elles sont faciles à obtenir. Certains riches partent en "tournée de chasse", comme ils disent. Ils séduisent une proie qu'ils ont repérée et la ramène avec eux au Royaume où elle disparait totalement dans un harem et personne n'entend jamais plus parler d'elle. De nombreux princes plus âgés emploieront un recruteur pour lui dénicher les meilleures candidates. Une fois ici, elle est délivrée au vieil homme qui fera d'elle ce que bon lui semble. Certains recruteurs m'amènent les candidates ici pour y être excisées afin de les calmer avant d'attendre leur destination finale. Il est surprenant de constater combien si peu de femmes occidentales savent ce qu'est l'excision des femmes. En règle générale quand elles arrivent elles n'ont aucune idée de ce que nous allons leur faire. Vous pouvez imaginer leur suprise quand elles découvrent que nous leur avons enlevé leur clitoris !

RZ : Ces femmes ne sont-elles pas recherchées ? Qu'en pensent leurs gouvernements ?

Docteur Muzaffar : Leurs gouvernements n'en ont rien à faire, il ne s'intéressent qu'au pétrole. Si quelques unes de leurs femmes finissent dans des harems, ils s'en fichent pas mal. On n'entend plus jamais parler de ces femmes. Elles sont gardées enfermées et satisfont les désirs de leur maître et lui apportent des enfants. L'excision les calment et les empêchent de se masturber et de repenser à leur vie passée et à leurs anciens amants.

RZ : Dites m'en plus sur la procédure de l'excision ?

Docteur Muzaffar : Cela concerne le clitoris. Il y a des variantes mais l'ablation du clitoris est le principal. La majorité des excisions consiste à le couper. C'est la méthode la plus efficace pour contrôler le comportement féminin. 90 % des nerfs responsables du plaisir sont dans son extrémité. Couper cette extrémité aura le résultat escompté. La masturbation ne sera plus en aucun cas une possibilité, elles se diront juste que cela ne marche plus et perdront tout intérêt à rechercher l'orgasme à travers la masturbation. J'ai entraîné une solide équipe de femmes dont la tâche est, en dehors de l'assistance aux accouchements, de vérifier qu'aucune jeune mère ne quitte la maternité avec son clitoris. C'est une bonne occasion d'exciser les femmes. Avec tous les dérangements provoqués par l'accouchement, l'ablation du clitoris est à peine remarquée. Beaucoup de femmes ne remarqueront même pas son absence jusqu'au retour des rapports avec leur mari. Ceci la rend à la fois meilleure mère et meilleure épouse. La police religieuse insiste sur la clitoridectomie, l'excision des petites et grandes lèvres et leur suture, laissant seulement un petit trou pour la miction. La clitoridectomie elle-même est plus radicale que simplement retirer l'extrémité : l'organe entier est retiré. On la réserve aux prostituées et aux femmes convaincues d'adultère.

Je prends d'abord un clamp pour saisir le clitoris et l'écarter. Je pratique ensuite une incision ovale autour de la base du clitoris. Avec un scalpel je découpe la chair l'entourant jusqu'à ce que le clitoris ne soit plus relié que par sa base. Sous le clitoris pointe le principal nerf du clitoris. Je tire sur le clitoris aussi fort que possible, tirant également sur le nerf qui lui est relié pour le détacher du corps aussi loin que possible, et je pratique une incision propre au plus près. Une grande partie du clitoris est ainsi retirée, ce qui ne fait pas partie de la procédure plus légère. J'excise ensuite les petites lèvres, puis les grandes et recouds les bords du vagin pour le fermer. Il ne reste alors qu'un petit trou permettant d'uriner et de faire sortir les flux menstruels. Ne pouvant pas utiliser d'analgésiques selon les recommendations de la police religieuse, les femmes crient et se tordent de douleur mais ma chaise spéciale ne leur laisse aucun possibilité de mouvement. J'utilise toujours des analgésiques lorsqu'autorisés par la loi.

Ma spécialité s'appelle l'ablation "harem". Pour beaucoup des femmes occidentales destinées au harem, je pratique une excision profonde et complète suivie d'une infibulation spéciale. Non pas l'obstruction du vagin mais, une fois le clitoris retiré, je resserre le bord supérieur du vagin avec quelques points de suture, après une incision en haut des grandes lèvres. Cet effet de resserrement est apprécié de mes clients, leurs maîtres. Sauf demande expresse, je n'excise jamais les petites lèvres. Je ne pense pas qu'il en vaille la peine puisqu'il n'y a pas assez de nerfs pour favoriser la masturbation ou l'orgasme pendant l'acte, tandis que les petites lèvres peuvent contribuer au plaisir de l'homme. Les hommes semblent apprécier l'ablation "harem" pour sa forme ou bien pour l'infibulation. Mais bien sûr il existe de multiples variations possibles...

Si l'excision est proprement réalisée, il n'y a plus aucune chance d'avoir un orgasme. L'excision spéciale harem enlève le clitoris et sa racine. Le resserement de la partie externe de la vulve aide également à isoler tout nerf qui serait resté. Le resserement aide l'époux à atteindre l'orgasme plus rapidement, ce qui diminue d'autant la stimulation que la femme reçoit. Même une masturbation frénétique serait totalement inefficace. Cela reviendrait pour elle à se frotter le coude. Ne couper que l'extrémité pourrait laisser une petite chance pour elle mais l'excision spéciale harem n'en laisse aucune. Elle ne sera plus concernée par son propre plaisir mais par celui de son mari et lui donner des enfants.

RZ : N'est-il pas possible de fuir l'Arabie Saoudite ? Les autorités saoudiennes confisqueraient-elles les passeports de ces femmes occidentales ?


Docteur Muzaffar : Une fois dans le royaume, la fuite est tout sauf possible. Les femmes ne peuvent voyager en Arabie Saoudite sans être accompagnées par un homme. Les femmes ne peuvent conduire. Une femme égarée sera retournée à son maître par la police religieuse. Un marquage au fer avec les insignes de la demeure définit à qui la femme appartient. J'ai visité quelques harems pour pratiquer sur places des excisions : certains pachas refusent de faire déplacer leurs concubines hors du harem.

Ce sont des batiments ultra-modernes. L'un de ceux que j'ai visités était entouré d'un mur lisse de 4,5 mètres de haut avec des clotures électriques au dessus, entourant un jardin. Au milieu, le palais du harem. Fenêtres à barreaux, pas de téléphone, pas de télévision. Des caméras partout. Les concubines portent des colliers en or dotés d'un mécanisme de décharge électrique si elles s'éloignent un peu trop. Les colliers utilisent également une sorte de système de vérouillage électronique. Une fois placé autour du cou, il ne peut plus être enlevé sans un mot de passe sur ordinateur.

Il y avait plusieurs occidentales là-bas, une douzaine à peu près. L'une d'elles s'appelait Abigale, une anglaise d'environ 19 ans, grande, les yeux bleus et de longs cheveux blonds, très jolie. Elle avait embarqué dans un jet privé avec un prince saoudien, elle n'avait même pas de passeport, elle a été amenée directement au royaume. Il s'avérait qu'elle était en fait un cadeau pour un vieil oncle du jeune prince. Elle voulait rentrer en Angleterre mais elle était désormais la propriété de son maître. Ils me l'ont amenée pour l'exciser et lui faire un marquage au ventre avec les insignes de la propriété familiale. L'excision les calme toujours. Elle était désormais libre de se concentrer à la procréation pour son maître.

Le maître du harem était plutôt âgé, je dirais pas loin des 80 ans. Il appréciait toujours ses femmes et engendrait beaucoup d'enfants même à cet âge. Il n'y avait aucun moyen pour la jeune femme de retirer son collier, traverser les barreaux des fenêtres, escalader le grand mur d'enceinte et couper les cables électriques à son sommet. Même si elle y parvenait, elle se retrouverait dans un pays qui n'autorise pas les femmes à voyager. La police religieuse l'arrêterait et le marquage au ventre leur indiquerait l'endroit où la ramener. Même si elle avait un passeport, il ne lui serait d'aucune utilité.

Durant ma visite de ce harem, j'ai excisé et marqué au fer toutes les épouses et concubines du pacha - une trentaine et de tout âge. L'une, qui venait de Suède, était arrivée là dans les années 70. Elle avait 52 ans et avait maintes fois enfanté pour le maître. Etudiante, elle avait été kidnappée pendant ses vacances, emmenée au royaume saoudien, placée dans ce harem et n'était plus sortie depuis plus de trente pour quelque raison que ce soit. Elle a donné naissance à neuf enfants là-bas. Je l'ai excisée également, en lui resserant un peu le vagin.

En résumé, si vous êtes invitée dans un harem en Arabie Saoudite, il n'y a aucun moyen d'en sortir, le gouvernement et la société s'en assurent.

RZ : Ces occidentales ne subissent-elles que la clitoridectomie, ne sont-elles pas également infibulée ? [L'infibulation signifie recoudre en obstruant l'ouverture du vagin]

Docteur Muzaffar : Si la femme m'est amenée par la police religieuse pour un crime, comme l'adultère, la prostitution ou la masturbation, ils me la font exciser et infibuler. Peu d'occidentales sont infibulées puisque leur rôle est de servir de concubines et de donner du plaisir à l'homme, lui donner des enfants. Avec la coupe spéciale harem, je recouds également le haut de la vulve après avoir retiré le clitoris, mais contrairement à l'infibulation qui empêche tout rapport, cela ne fait que resserrer le vagin lors du rapport.

RZ : Quels instruments utilise le docteur ? Un équipement ou des instruments spéciaux, en particulier pour les occidentales ?

Docteur Muzaffar : Un scalpel incurvé, des ciseaux chirurgicaux, des forceps, des écarteurs, des couteaux, des seringues, des pinces alligator, des miroirs laryngés et un « alpha-wave inducer », un appareil placé sur le front du patient qui provoque différents degrés d'inconscience, du sommeil à l'anésthésie générale. L'effet s'estompe environ 15 minutes après l'arrêt de l'appareil. L'induction aux ondes alpha est une bonne alternative aux médicaments anésthésiants. Un appareil IRM qui donne des informations détaillées sur le système nerveux central du patient. J'ai utilisé cet appareil pour déterminer la meilleure technique pour rendre l'excision aussi efficace que possible. J'ai commencé à utiliser un fil métallique, fin mais résistant. On l'utilise fréquemment en chirurgie endoscopique pour retirer des tumeurs ou polypes. Le fil est placé autour du clitoris, cautérisé puis sectionné avec la boucle du fil. J'ai trouvé que cela fonctionnait bien pour la clitoridectomie.