samedi 9 septembre 2006
Le Pen et l'Iran : une romance qui dure

En conférence de presse lundi dernier à Toulon, Jean-Marie Le Pen a réitéré ses propos délirants sur l'Iran :

Outre le Liban, la question du nucléaire iranien devient de plus en plus épineuse.

Les Etats-Unis d’Amérique sont, je le crois, décidés à la guerre contre l’Iran. Les diplomates américains ont d’ores et déjà fait savoir que leur pays pourrait se dispenser d’un recours au Conseil de Sécurité pour prendre des sanctions contre ce pays.

J’ai déjà eu l’occasion de dire que je ne voyais pas comment on pourrait empêcher un état souverain de se doter de la maîtrise de la technologie nucléaire.

En effet, il est du devoir de tout gouvernement d’essayer d’accroître la prospérité de sa population par le nucléaire civil, dans un contexte où, on le sait les énergies fossiles ne sont pas inépuisables.

Il est également naturel pour un gouvernement d’améliorer la sécurité de son peuple en cherchant à se doter d’armes particulières, lesquelles de toutes façons, sont des armes de non emploi, c’est-à-dire des armes dont on ne se sert jamais, des armes qui n’ont qu’une portée dissuasive.
En effet, celui qui se sert de l’arme atomique est sûr d’être lui-même détruit dans les minutes qui viennent.

A l’heure où l’ultimatum adressé à l’Iran, à l’initiative du Conseil de Sécurité de l’ONU, vient d’expirer, je vous avoue mon inquiétude, car je crois que le gouvernement américain est décidé, à plus ou moins long terme, à en finir.

En cas de guerre avec l’Iran, ce pays bloquera le détroit d’Ormuz, rompant les voies de communication et d’acheminement du pétrole vers l’Europe et l’Asie. A ce moment là, le baril de brut pourrait dépasser les 200 dollars, plongeant l’économie mondiale dans une crise sans précédent.

Troisième problème grave au Proche-Orient, l’Irak.

Incontestablement, ce que nous avions dit se réalise, hélas, dans des proportions dramatiques pour les populations civiles.

L’intervention américaine de 2003 a plongé l’Irak dans le chaos, et même dans une véritable guerre civile. Les affrontements entre les sunnites et les chiites, entre les kurdes et le gouvernement fantoche de Bagdad, rendent le pays absolument ingérable.

Le chef des troupes américaines en Irak, le général John Abizaïd, a récemment brisé le tabou en disant : « qu’il était possible que l’Irak sombre dans la guerre civile ».

Merci mon général, merci de cet aveu ! Il reste que ce constat effectué par un militaire aujourd’hui aurait dû être prévu et anticipé par les hommes politiques américains avant l’intervention de leurs forces armées.

La situation en Irak est absolument incontrôlable, tout comme en Afghanistan, où les talibans ont repris du poil de la bête. Les affrontements se multiplient dans ce pays avec les troupes américaines et il est également à craindre que la région toute entière ne s’embrase à partir de ce pays. Enfin, la Turquie est désormais régulièrement livrée aux attentats.


On pourra toutefois remarquer que par rapport à sa déclaration d'avril 2006, Le Pen a enfin compris qu'il ne pouvait plus feindre de croire que le programme d'enrichissement iranien était uniquement à des fins civiles. Il justifie donc désormais la possession d'armes atomiques par l'Iran!
Ce même vieillard justifiera demain l'acquisition par l'Iran de missiles mettant directement la France à la portée des mollahs. Puisqu'il « ne voit pas comment on pourrait empêcher un état souverain de se doter de la maîtrise de la technologie nucléaire » ...
Et puis c'est vrai, après tout, le véritable ennemi, c'est l'Amérique. Elle est responsable de tout, dixit Le Pen...

En ce qui concerne l'image de ce message, vous pouvez l'utiliser et la diffuser comme bon vous semble, c'est moi qui l'ai faite.