dimanche 28 mai 2006
Just my two cents
Une idée m'est apparue comme une évidence l'autre jour, en réfléchissant sur l'échec relatif de Villiers pour capter les voix de la droite nationaliste (autour de 3 % d'intentions de votes selon les derniers sondages...) : les sympathisants du MPF et ceux du FN ne se ressemblent décidément pas.
J'en ai acquis la certitude en repensant au cheminement qui m'avait conduit (tout comme beaucoup d'autres) à miser sur Villiers plutôt que Le Pen. Ce n'est pas tant son charisme (que beaucoup s'accordent à trouver insuffisant) que les idées et les valeurs qu'il défend qui m'ont convaincu.
Le Pen au contraire est un personnage qui en impose (dans le sens que l'on veut), et c'est là à la fois sa force et sa faiblesse. Certains sont prêts à oublier les travers du bonhomme, ses propos déplacés, ses sympathies pour des régimes totalitaires - je ne parle évidemment pas de ceux qui partagent de toute façon la même opinion que lui - pourvu que le bagou, la verve, les talents d'orateurs soient là, excusant tout le reste.
Dans le cas de gens "normaux", ce que j'entendrais par ne partageant pas certaines des opinions de Le Pen tout en appréciant sa forte personnalité, choisir de oui ou non lui donner son bulletin de vote fait toute la différence.
D'ailleurs, pour le plus grand malheur de Philippe de Villiers, le problème n'est pas tant de choisir entre Le Pen et lui mais bien celui de décider si Le Pen et lui seul mérite considération.

J'ai fait le choix de dire qu'il ne méritait pas mon bulletin de vote, malgré son charisme, malgré l'avantage de l'antériorité, malgré de meilleurs résultats dans les sondages.
Cela fait beaucoup de "malgré"... Et c'est ce qui rend ma décision fragile, susceptible de changer jusqu'au dernier moment.
Mon choix de voter Villiers ne repose donc que sur une fragile adhésion d'idées, et hélas pas sur la conviction qu'il est parti pour gagner.
Les supporters - au sens quasi-footballistique - de Le Pen ont au contraire la certitude de la victoire (que cette certitude soit justifiée ou pas d'ailleurs ; elle est souvent très naïve et inconsidérée), ce qui les rend d'autant plus insensibles aux arguments susceptibles de les faire changer d'avis.
Tout ceci a pour conséquence que nous avons d'un côté des sympathisants et militants MPF très raisonnables et bien conscients des faiblesses de chaque candidat, d'où leur doutes, et nous avons de l'autre côté des sympathisants et militants FN très sûrs de leur champion mais totalement incapables de toute analyse pertinente et de comprendre les attentes formulées par tous les dissidents du FN : Le Pen a toujours raison, pourquoi même se poser la question. Et Villiers est un "sous-marin de l'UMP".
Right...