vendredi 14 avril 2006
Sainte Laïcité priez pour nous.
Rien de plus approprié pour moi que d’ouvrir le débat par le thème de la laïcité qui fait de plus en plus recette auprès des journalistes et des hommes politiques. Il est utile de noter dès à présent que la laïcité – qui est, faut-il le rappeler, la mise à l’écart du sacré des domaines de prérogative de l’Etat tels que le pouvoir politique, militaire et surtout l’éducation scolaire – a été une revendication de gauche depuis des siècles. La laïcité a toujours été finalement l’outil sinon le bras armé de la lutte des anti-cléricaux, athées et autres nihilistes.
Cette époque est désormais bien révolue en France et il faut bien croire que la laïcité l’a emporté dans sa lutte contre l’Eglise catholique puisque désormais à gauche comme à droite la laïcité et ses bienfaits sont à l’honneur dans tous les discours. Henri Emmanuelli n’a pas caché sa satisfaction de voir ses adversaires politiques au diapason sur ce sujet autour de la table de l’émission Culture et Dépendances, alors que de son propre aveu il passait pour un « laïcard » trente ans en arrière.
On ne pourra que reconnaître que lorsque les conservateurs se mettent à défendre une cause, cela signifie que le débat, la ligne de front, s’est déplacé ailleurs…

On ne peut s’empêcher de penser que l’islamisation du pays y est pour quelque chose. La laïcité est maintenant acceptée, digérée, parce que la droite craint plus encore l’islamisation que la déchristianisation.
La laïcité y a acquis un statut qu’elle n’avait pas auparavant : celui d’assurer la neutralité absolue de l’Etat envers les différentes religions pratiquées dans ce pays. Entre d’une part défendre la religion, toutes les religions, et d’autre part reconnaître le combat de l’Eglise catholique comme une cause perdue, la droite a choisi son camp : la France sera athée.
On peut tout d’abord se demander s’il est bien raisonnable de sembler céder à la panique anti-musulmane de cette façon - car les musulmans ne s’y trompent pas et ont bien compris quels étaient les enjeux de ce regain de laïcisme républicain – alors que les musulmans ne représentent pas encore, loin s’en faut, une majorité capable d’imposer sa propre volonté. Les catholiques pratiquants sont encore vraisemblablement plus nombreux que les musulmans pratiquants.
Tout se passe comme ci les Français dans leur ensemble souhaitaient geler, stopper la distribution religieuse du pays, ce qui n’est pas sans rappeler la situation du Liban, où la population a basculé il y a peu vers une majorité musulmane, sans que cela soit reconnu officiellement, sans que personne n’ose reconnaître ce nouvel état de fait (au niveau du gouvernement, tout se passe toujours comme ci les chrétiens, et parmi ceux-ci les maronites, étaient toujours majoritaires, continuant d’occuper les meilleurs postes au sein du gouvernement, cette distribution rigide des postes-clés se basant sur un recensement, le seul et unique jamais réalisé… en 1932 !).
La France aura t-elle le même destin que le Liban ? Les similitudes sont en tout cas frappantes.
Ici aussi, au nom de la laïcité, les recensements sur le thème religieux sont interdits.
Ici aussi, le débat lancé par Nicolas Sarkozy sur la discrimination positive fait fortement penser à la distribution des postes du gouvernement libanais selon des convictions religieuses. Quelle différence entre la nomination d’un « préfet issu de l’immigration » [musulmane] et un président de la république forcément maronite, un premier ministre forcément sunnite, un président de l’Assemblée Nationale forcément chiite et ainsi de suite ? Une application à une échelle différente tout au plus.
Alors laïciser pour quel résultat ? Aucun. Si les choses restent les mêmes en surface, comme figées par des illusions, elles n’en changent pas moins vite dans la réalité démographique.
La laïcité à la française est un compromis bien douteux qui décevra.
Si comme je le crois sincèrement la laïcité n’est (surtout pour la droite) qu’un instrument servant à retarder l’inévitable échéance de l’islamisation de la société – comme un enfant qui se cacherait les yeux, se croyant à l’abris du regard des autres – ne vaut-il pas mieux réactiver la foi chrétienne, qui quant à elle a bel et bien fait ses preuves pour protéger l’Europe de l’islam ?
Car à l’instar du djihad des musulmans censé se dérouler sur deux fronts, celui de la foi personnelle et celui de la propagation islamique, le christianisme a également ce rôle à jouer en France d’occupation du besoin naturel de spiritualité d’un individu. Une case qui à l’heure actuelle est laissée vide avec la porte grande ouverte à l’islam qui n’en demandait pas tant.
Cela semble encore peu évident pour les athées, mais la conviction que Dieu n’existe pas n’est autre qu’une croyance, une réfutation grossière et arrêtée d’un concept qu’il n’est pas possible de manipuler, tâter et tripoter comme on le ferait dans un rayon légume de supermarché. L’esprit averti, mais pas encore éclairé, lui, préfèrera sans doute penser qu’il n’est pas certain que Dieu existe, pas plus qu’il n’est certain que Dieu n’existe pas.
Mais la victoire de la laïcité, qui comme nous l’avons dit est avant tout celle de l’athéisme, et son acceptation laxiste et résignée par des autorités catholiques complices laisse forcément un tas de gens errer comme sur un lac gelé en plein mois de mars, menaçant de se libérer à tout instant ! Certains esprits « libérés » de la contrainte religieuse se portent bien, ils ont suffisamment de repères moraux pour s’en sortir honorablement. D’autres se livrent à la débauche la plus totale, convaincus par ce flottement des consciences, profitant de ce crépuscule moral où l’on ne distingue plus très bien qui fait quoi ni quelles sont les limites, pour jouir du matérialisme terrestre qu’ils croient sans conséquences ni au-delà.
Mais entre ces deux tendances, que je considère aussi coupables l’une que l’autre, la première étant moralement responsable de la seconde, se trouve une masse de gens privés de repères moraux malgré leur attente très forte de ces repères. Ce sont ces gens-là qui seront susceptibles de trouver les valeurs qu’ils attendent dans l’islam, parce que le catholicisme reste trop souvent complaisant face à cette situation de pauvreté spirituelle.
Ma solution face à l’islam est simple : virer les prêtres médiocres et suffisants pour les remplacer par des équivalents aux prêcheurs de l’islam, la haine de l’Occident en moins. Paradoxal de voir que l’Eglise catholique, ayant voulu se « moderniser », ait négligé de reprendre un des concepts de l’économie de marché (car la religion est devenu un marché) : imiter et concurrencer les concepts gagnants. L’islam en est un.